Newsletter #27

Le monde est encore plein de dinosaures

Temps de lecture : 5 minutes 🕓

Howdy chers lecteurs,

Pour cette nouvelle Ă©dition, j’avais bien envie de vous raconter un paquet de trucs extraordinaires sur des animaux exotiques dotĂ©s de capacitĂ©s hors du commun, mais il se passe actuellement une petite rĂ©volution dehors.

Vous avez remarqué ?

Le soleil a finalement fait une percée inespérée, les bourgeons pointent, les abeilles sortent, les gens flùnent dans les parcs, les plus impatients ont déjà ressorti leurs shorts du placard.

Et puis mĂ©sanges, merles, tourterelles et moineaux s’égosillent devant mes fenĂȘtres. En pleine saison de reproduction, les oiseaux rĂšgnent sur la fĂȘte.

Figurez-vous qu’on a de la chance, car c’est la meilleure pĂ©riode de l’annĂ©e pour les observer. DĂ©jĂ , parce qu’il fait beau et qu’on a bien envie d’aller se promener. Et parce que les arbres n’ayant pas encore de feuilles, il est bien plus facile d’apercevoir ces petites boules de plumes vaquer Ă  leurs occupations. Aussi bien ceux qui ont passĂ© l’hiver chez nous
 Que ceux qui reviennent de migration. Une fois n’est pas coutume.

Pendant des mois, on a inlassablement vu les mĂȘmes tĂȘtes : mĂ©sanges, Ă©tourneaux, corbeaux
 Et voici qu’en l’espace de quelques semaines, tout change ! C’est le retour en grande pompe du pouillot vĂ©loce, du rouge-queue noir, de la bergeronnette grise, des hirondelles, des grives musiciennes


À ce stade, vous ĂȘtes peut-ĂȘtre en train de vous dire « qu’est-ce qu’elle me veut celle-lĂ  avec ses oiseaux ? ».

Si c’est le cas, c’est sĂ»rement que vous n’avez pas encore rĂ©alisĂ© Ă  quel point les oiseaux sont cools. Alors, si vous me le permettez, laissez-moi quelques minutes pour tenter de vous en convaincre :

POURQUOI LES OISEAUX SONT COOLS :

Déjà, ils volent. Et à part les super-héros et les fées, je ne connais pas beaucoup de personnes qui peuvent le faire.

Photographie Jesus Esteban San Jose – Pexels

Leurs genoux se plient à l’envers. Et figurez-vous que ce ne sont pas leurs genoux, mais leurs talons. Car leurs pattes sont en fait de grands pieds qui remontent jusqu’au milieu de leur jambe (!).

Et puis ils ont un trou unique pour tout (dĂ©fĂ©cation, reproduction) – Un. Trou. Pour. Tout. – que l’on appelle le cloaque.

Leur rĂ©pertoire sonore est d’une incroyable diversitĂ©.
Chez certaines espĂšces, les individus ont des dialectes en fonction de leur rĂ©gion. Lorsqu’on rassemble deux individus d’une mĂȘme espĂšce, mais de rĂ©gions diffĂ©rentes, il n’est pas garanti qu’ils se comprennent (si l’un d’eux parle un patois bien sĂ©vĂšre par exemple).

Contrairement à la légende urbaine, ce ne sont pas les derniers des futés.

DĂ©jĂ , ils sont douĂ©s en orientation : les espĂšces migratrices se dirigent en vol grĂące, notamment, Ă  la position des astres dans le ciel (je vous rappelle que nous, sans GPS, on est perdus). Et certains peuvent littĂ©ralement voir les champs magnĂ©tiques terrestres.

Les corbeaux utilisent des outils et les pies peuvent se reconnaĂźtre dans un miroir. Les pigeons, quant Ă  eux, sont capables de discriminer les grandes caractĂ©ristiques des mouvements impressionnistes et cubistes en peinture (ce n’est pas moi qui le dis, mais une Ă©tude publiĂ©e en 1995 par des chercheurs de l’UniversitĂ© de Keio, au Japon).

Et puis, ils ont le sens de la mode : des chercheurs ont constatĂ© qu’il existait une forme d’imitation sociale dans le choix des teintes dominantes et des matĂ©riaux de fabrication des nids chez les mĂ©sanges.

Ah oui, aussi :

CE SONT DES DINOSAURES QUI SONT TOUJOURS EN VIE AUJOURD’HUI.

Photographie Brett Sayles

Si vous n’ĂȘtes toujours pas convaincus Ă  ce stade, je ne peux rien pour vous.

Ah si, attendez.

D’aprĂšs une Ă©tude parue en 2022, le fait d’écouter le chant des oiseaux est susceptible d’attĂ©nuer les symptĂŽmes de l’anxiĂ©tĂ© et de la dĂ©pression. C’est une activitĂ© qui constitue une forme de pleine conscience, qui nous ancre dans le moment prĂ©sent et qui nous pousse Ă  ralentir.

Par ailleurs, apprendre leurs noms et leurs chants peut nous aider Ă  ressentir davantage de proximitĂ© avec le monde naturel et a l’avantage considĂ©rable de stimuler notre mĂ©moire (mise Ă  mal par l’utilisation excessive de nos smartphones).

Enfin, les oiseaux sont des animaux sauvages, capables de prospĂ©rer dans des environnements dominĂ©s par l’humain. Ce qui en fait des ambassadeurs du monde naturel particuliĂšrement accessibles. Remettez Ă  plus tard le visionnage de ce documentaire ARTE sur la Scandinavie : les oiseaux font l’effort d’ĂȘtre lĂ , ce serait sympa de leur prĂȘter un peu attention.

Alors, qu’attendez-vous pour sortir ?

Les notes qui s’égrĂšnent au printemps sont fugaces, profitons-en.

Bises,

Laurette

Sources :