Le monde est encore plein de dinosaures
Temps de lecture : 5 minutes đ
Howdy chers lecteurs,
Pour cette nouvelle Ă©dition, jâavais bien envie de vous raconter un paquet de trucs extraordinaires sur des animaux exotiques dotĂ©s de capacitĂ©s hors du commun, mais il se passe actuellement une petite rĂ©volution dehors.
Vous avez remarqué ?
Le soleil a finalement fait une percée inespérée, les bourgeons pointent, les abeilles sortent, les gens flùnent dans les parcs, les plus impatients ont déjà ressorti leurs shorts du placard.
Et puis mĂ©sanges, merles, tourterelles et moineaux sâĂ©gosillent devant mes fenĂȘtres. En pleine saison de reproduction, les oiseaux rĂšgnent sur la fĂȘte.
Figurez-vous quâon a de la chance, car câest la meilleure pĂ©riode de lâannĂ©e pour les observer. DĂ©jĂ , parce quâil fait beau et quâon a bien envie dâaller se promener. Et parce que les arbres nâayant pas encore de feuilles, il est bien plus facile dâapercevoir ces petites boules de plumes vaquer Ă leurs occupations. Aussi bien ceux qui ont passĂ© lâhiver chez nous⊠Que ceux qui reviennent de migration. Une fois nâest pas coutume.
Pendant des mois, on a inlassablement vu les mĂȘmes tĂȘtes : mĂ©sanges, Ă©tourneaux, corbeaux⊠Et voici quâen lâespace de quelques semaines, tout change ! Câest le retour en grande pompe du pouillot vĂ©loce, du rouge-queue noir, de la bergeronnette grise, des hirondelles, des grives musiciennesâŠ

Ă ce stade, vous ĂȘtes peut-ĂȘtre en train de vous dire « quâest-ce quâelle me veut celle-lĂ avec ses oiseaux ? ».
Si câest le cas, câest sĂ»rement que vous nâavez pas encore rĂ©alisĂ© Ă quel point les oiseaux sont cools. Alors, si vous me le permettez, laissez-moi quelques minutes pour tenter de vous en convaincre :
POURQUOI LES OISEAUX SONT COOLS :
Déjà , ils volent. Et à part les super-héros et les fées, je ne connais pas beaucoup de personnes qui peuvent le faire.
Les oiseaux, on en trouve de toutes les formes et de toutes les couleurs. Des minuscules, des immenses, des fluorescents, certains avec des fronts protubĂ©rants, des queues rocambolesques, des cous qui nâen finissent pas, des houppettes dignes des coiffes de la sĂ©rie Bridgerton, ou encore des cornes (coucou le Kamichi cornu). Câest bien simple, on ne sait pas oĂč donner de la tĂȘte.

Leurs genoux se plient Ă lâenvers. Et figurez-vous que ce ne sont pas leurs genoux, mais leurs talons. Car leurs pattes sont en fait de grands pieds qui remontent jusquâau milieu de leur jambe (!).
Et puis ils ont un trou unique pour tout (dĂ©fĂ©cation, reproduction) – Un. Trou. Pour. Tout. – que lâon appelle le cloaque.
Leur rĂ©pertoire sonore est dâune incroyable diversitĂ©.
Chez certaines espĂšces, les individus ont des dialectes en fonction de leur rĂ©gion. Lorsquâon rassemble deux individus dâune mĂȘme espĂšce, mais de rĂ©gions diffĂ©rentes, il nâest pas garanti quâils se comprennent (si lâun dâeux parle un patois bien sĂ©vĂšre par exemple).
Certains oiseaux sont capables dâimiter la voix humaine (les perroquets, oui tout le monde le sait⊠Mais saviez-vous que les corbeaux aussi ?). Dâautres, comme lâoiseau-lyre peuvent imiter le son dâune tronçonneuse ou dâun pistolet laser (admettez que câest Ă©patant).

Contrairement à la légende urbaine, ce ne sont pas les derniers des futés.
Déjà , ils sont doués en orientation : les espÚces migratrices se dirigent en vol grùce, notamment, à la position des astres dans le ciel (je vous rappelle que nous, sans GPS, on est perdus). Et certains peuvent littéralement voir les champs magnétiques terrestres.
Les corbeaux utilisent des outils et les pies peuvent se reconnaĂźtre dans un miroir. Les pigeons, quant Ă eux, sont capables de discriminer les grandes caractĂ©ristiques des mouvements impressionnistes et cubistes en peinture (ce nâest pas moi qui le dis, mais une Ă©tude publiĂ©e en 1995 par des chercheurs de lâUniversitĂ© de Keio, au Japon).
Et puis, ils ont le sens de la mode : des chercheurs ont constatĂ© quâil existait une forme dâimitation sociale dans le choix des teintes dominantes et des matĂ©riaux de fabrication des nids chez les mĂ©sanges.
Ah oui, aussi :
CE SONT DES DINOSAURES QUI SONT TOUJOURS EN VIE AUJOURD’HUI.

Si vous nâĂȘtes toujours pas convaincus Ă ce stade, je ne peux rien pour vous.
Ah si, attendez.
DâaprĂšs une Ă©tude parue en 2022, le fait dâĂ©couter le chant des oiseaux est susceptible dâattĂ©nuer les symptĂŽmes de lâanxiĂ©tĂ© et de la dĂ©pression. Câest une activitĂ© qui constitue une forme de pleine conscience, qui nous ancre dans le moment prĂ©sent et qui nous pousse Ă ralentir.
Par ailleurs, apprendre leurs noms et leurs chants peut nous aider Ă ressentir davantage de proximitĂ© avec le monde naturel et a lâavantage considĂ©rable de stimuler notre mĂ©moire (mise Ă mal par lâutilisation excessive de nos smartphones).
Enfin, les oiseaux sont des animaux sauvages, capables de prospĂ©rer dans des environnements dominĂ©s par lâhumain. Ce qui en fait des ambassadeurs du monde naturel particuliĂšrement accessibles. Remettez Ă plus tard le visionnage de ce documentaire ARTE sur la Scandinavie : les oiseaux font lâeffort dâĂȘtre lĂ , ce serait sympa de leur prĂȘter un peu attention.
Alors, quâattendez-vous pour sortir ?
Les notes qui sâĂ©grĂšnent au printemps sont fugaces, profitons-en.
Bises,
Laurette

Sources :
Watanabe, S., Sakamoto, J., & Wakita, M. (2006). Pigeons’ discrimination of paintings by Monet and Picasso. Journal of the Experimental Analysis of Behavior, 85(3), 265â276. https://doi.org/10.1901/jeab.2006.85-265
Stobbe, E., etâŻal. (2022). The mental health benefits of bird song: Evidence from a smartphone-based experience-sampling study. Scientific Reports, 12, 17873.https://doi.org/10.1038/s41598-022-20841-0
MeyerâLindenberg, A., etâŻal. (2022). Seeing and hearing birds associated with moodâenhancement: A crossâsectional analysis of the Urban Mind project. Scientific Reports, 12, 17352. https://doi.org/10.1038/s41598-022-20207-6
ZsebĆk, Ă., etâŻal. (2023). Social learning in birds: Evidence for cultural transmission of material choice in Great tits (Parus major). Behavioral Ecology and Sociobiology, 77, 87. https://doi.org/10.1007/s00265-023-03289-8

